J'ai eu des nuits ridicules. Pas moi, Valérie, la nouvelle héroïne d'Anna Rozen

Publié le par Olivia van Hoegarden

J'ai eu des nuits ridicules. Pas moi, Valérie, la nouvelle héroïne d'Anna Rozen

La rentrée littéraire, c'était il y a un mois. Plus de 600 ouvrages en tête de gondole et le Fig Lit en émoi. Grégoire Delacourt presque Goncourt et Carrère en son Royaume. Lévy-Musso-Pancol avaient pris les quartiers d'été, pavés sur la plage obligent. Anna Rozen, elle, attend l'automne, l'été indien, l'heure où les fleurs se fânent et les bonnes feuilles roussissent, une saison où l'on se tâte pour remettre un peu de chauffage, on rajoute un pull, on enfile des chaussettes. C'est ainsi, son nouveau roman sort en octobre alors que les jours raccourcissent et que les nuits s'annoncent diablement ridicules.

Valérie se sent quadra. Normal, elle accoste cet âge où l'on tourne les pages d'un livre qu'on a à peine feuilleté alors que le dernier chapitre s'annonce déjà. Quarante berges, célibataire, pas d'enfant, un boulot oui bon, dans la com, et alors ? Des potes oui mais des potes homos, un apparte bien situé et des bars aux alentours et des coups... à boire et à dormir couchée, toute nue et sans retenue. Et puis un Thaddée... Ah, Thaddée "le premier type pas trop moche" qu'elle repère et elle l'invite pour un godet. Elle lui file son numéro, il en use. Il se pointe chez elle et regarde par la fenêtre comme si de rien n'était... et bien j'attends... et ça se produit, ils sont malins les mecs et Valérie si cash, si audacieuse : "Elle était venue se coller contre son dos, par curiosité pure..." Mais ou bien sûr. "Il avait défait son pantalon, par simple esprit pratique. Elle avait aimé ce qu'elle y avait découvert. Ils avaient décidé qu'il serait bon de réitérer l'exercice et avaient tenu parole." Sport et câlins à tous les étages.

L'amour monte et ça tangue

Valérie sent que ça monte, c'est insidieux l'amour. On laisse son portable allumé en permanence au cas où il appellerait. On envoie des sms l'air de rien, genre "Kanteskonstouche ?", on dit des trucs dangereux "Tu peux m'appeler jour et nuit", bref, on se découvre, on se donne, on ne se reprend pas et souvent on se méprend. Mais oui, Thaddée est chou comme tout, on le croit tout à soi car il est souvent là et qu'il ne feint pas le plaisir. Seulement voilà, quand Thaddée ne laisse à Valérie que son odeur entre les draps, c'est entre les bras d'une autre qu'il va se glisser au petit-déjeuner. Oui ! Thaddée a une fiancée, une régulière et en plus, il voyage et volage à qui mieux mieux. Et Valérie ne reste pas en rade. Et Pierre... et Foued et puis : tiens et si je faisais cougar ?

Et Etienne, 16 ans, baskets et sac à dos, de se laisser ramasser dans la rue.

J'ai eu des nuits ridicules. Pas moi, Valérie, la nouvelle héroïne d'Anna Rozen

Cougar or not cougar ?

Et alors, et alors ? Anna Rozen qui aime les femmes un peu "énerveuses" offre des réponses au moyen de son écriture rafraîchissante, toujours à l'affût des petits travers des Parisiens, jamais dupe de ses personnages, caustique mais sincère. Inspirée par Jean de Tinan et son roman inachevé "Aimienne", elle nous fait vivre une intrigue où son empathique héroïne rebondit joliment avec humour et humanité. Valérie ira-t-elle au bout de la liberté ? Vous le saurez en lisant "J'ai eu des nuits ridicules".

© Olivia van Hoegarden

J'ai eu des nuits ridicules

Anna Rozen

222 pages

Le Dilettante, 17 €

Publié dans Roman

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